Les peintres à pied - De Pissarro à Cézanne - Rando Leconte 24 mai 06
L’exposition « Cézanne et Pissarro 1865 – 1885 » s‘est tenue du 28 février au 28 mai 2006 au Musée d’Orsay.
La préparation a duré 15 ans et l’exposition a été montée pour le centenaire de la mort de Cézanne.
C’est le prétexte qu’a saisi Jacques Leconte pour nous faire découvrir les sites où ont séjournés ces peintres et leurs amis, évoquer leurs vies, mieux nous faire connaître leurs tableaux et surtout nous faire comprendre et aimer Pissarro qui est un peu méconnu.
La ballade commence à Eragny. L’église est moderne, en effet le 6 juin 1944 un avion Lancaster, avec 2 aviateurs de la RAF (que sont-ils devenus ?), est tombé sur l’église qui a été entièrement détruite, puis reconstruite dans un style 20e siècle. Un peu plus loin un ancien prieuré, a été habité, à partir de 1804 et jusqu’à sa mort, par Bernardin de Saint-Pierre (connu pour ‘Paul et Virginie’, a voyagé dans l’océan indien, s’est intéressé à la botanique). Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814), disciple de Rousseau, marquera le début du romantisme.
Photos : Eglise d’Eragny Maison de Bernardin de Saint Pierre
Un pont sur l’Oise sépare Eragny de Pontoise. C’est l’occasion pour Jacques de nous rappeler que l’Oise coule sur 320 km, prenant sa source en Belgique et se jetant dans la Seine à Conflans-Sainte-Honorine, après avoir traversé notamment Compiègne puis l’Isle Adam. Nous sommes près de Cergy où d’anciennes carrières ont été transformées en étangs pour créer une base de loisirs nautique. (voir la randonnée du samedi 20 mai 2006 « Les coteaux de l’Oise avec François » )
Sur les bords de l’Oise, nous empruntons un chemin de halage bordé des massifs fleuris : c’est le lieu que choisit Jacques pour évoquer Pissarro, Cézanne, Daubigny, Corot, Van Gogh… (voir dans ‘En savoir plus’ : Pissarro et les peintres).
Un peu plus loin, sur le bord de l’Oise une première reproduction d’un tableau de Pissarro ‘les bords de l’Oise’ est présenté in situ : la toile représentant le paysage d’alors, face aux lieux d’aujourd’hui. C’est le début du chemin des peintres que nous allons suivre de Pontoise à Auvers (voir dans ‘En savoir plus’ : Le chemin des peintres)
Ici à Pontoise, Pissarro a vécu 10 ans. Pontoise est l’ancienne capitale du Vexin français. Le ‘pont sur l’Oise’ était un carrefour stratégique.
Saint Louis ( 1214-1270) y a séjourné, faisant souvent le chemin jusqu’à l’abbaye de Maubuisson, fondée par la reine Blanche de Castille, sa mère, en 1236. Il était tombé malade à Pontoise et avait fait vœu ,s’il guérissait, de partir en croisade. C’est le voeux de Pontoise et il en est mort !
Philippe Le Bel (1268-1314 ; petit fils de Saint-Louis) y a également séjourné. Pontoise avait un château qui a été détruit à la fin du règne de Louis XIV (1638-1715) ; seuls restent ses remparts enrichis de la statue de la ‘Vierge des Remparts’, œuvre de Giovanetti, inaugurée en 1956.
Photo panoramique du château
Le couvent des cordeliers de Pontoise est connu dans l’histoire de France pour avoir accueilli les états généraux de 1561, première tentative de rapprochement entre les catholiques et les réformés, qui a abouti en 1599 à l’Edit de Nantes. C’est aussi là que Bossuet a été sacré évêque de Condom dans le Gers en 1670. Aujourd’hui, seules quelques ruines subsistent.
photos : Couvent des Cordeliers et détail
Louis XV (1710-1774), mécontent du Parlement de Paris, l’avait envoyé « réfléchir dans la bonne ville de Pontoise », loin des affaires de l’état. Lorsqu’il était bien assagit, il le faisait retourner à l’île de la Cité, d’où l’expression « revenir de Pontoise », retourner en bonnes grâces.
La visite de Pontoise commence par le Carmel (voir dans ‘En savoir plus’ : Le Carmel de Pontoise). Elle se poursuit avec le jardin public, la cathédrale Saint Maclou, la place du grand Martroy – où les amants des belles-filles de Philippe Le Bel ont été suppliciés – devenue place du marché, la place des moineaux – sous laquelle, nous dit-on se trouvait un port souterrain, encore utilisé pendant la dernière guerre comme abris - et le musée Tavet, un ancien hôtel de l’archevêque de Rouen.
Cathédrale Saint Maclou Place du grand Martroy Place des moineaux

Par son architecture, cet édifice rappelle l’Hôtel de Sens à Paris qui abrite actuellement la bibliothèque Forney. Dans le jardin du musée Tavet, il y a un ossuaire de la période néolithique et des sculptures d’Otto Freundlich, court-circuit saisissant de l’histoire des hommes.
Photos du Musée Tavet, ossuaire néolithique et sculpture de Freundlich, panoramique jardin
Au XIX ème siècle la ville de Pontoise s’est développée industriellement et a évolué avec l’arrivée du chemin de fer. Puis elle a beaucoup souffert des bombardements de la dernière guerre ; l’ancien Hôtel Dieu a disparu. Aujourd’hui Pontoise est intégrée à la ville nouvelle de Cergy-Pontoise.
Nous prenons le charmant sentier du Chou qui nous conduit à Auvers. Sur ce chemin on trouve les vestiges de la chapelle Saint Nicolas (photo ci-desus), patron des mariniers. On dit que Saint-Louis y priait lorsqu’il allait de son château de Pontoise à l’abbaye de Royaumont où il habitait.
Auvers est une ville fleurie par les habitants dans le cadre du programme d’incitation ‘ Je jardine ma ville’, et c’est une jolie idée ; sur le chemin : des maisons troglodytes, des maisons de style art-déco 1920, une maison signée Hector Guimard
maisons d'Auvers
Devant la maison du Docteur Gachet (1828 -1909), à Auvers sur Oise, Jacques évoque les 70 derniers jours de Vincent Van Gogh, 70 jours de fièvre créatrice (voir dans ‘En savoir plus’ : Les 70 jours de Van Gogh à Auvers )
Auvers compte plusieurs musées à visiter, mais nous n’avons pas le temps d’y aller ni de voir l’Eglise d’Auvers ni le cimetière où sont enterrés côte à côte Vincent et son frère Théo, cela sera sans doute l’occasion d’une autre randonnée. Sur le chemin de la gare d’Auvers, un ultime signe de la présence de Van Gogh : sa statue réalisée par Zadkine (photo ci-contre).
Cette région entre Pontoise et Auvers est extrêmement riche du point de vue de l’art et des impressionnistes, nous n’en avons vu qu’une partie. Je crois pouvoir dire ‘au nom de tous’ que nous serions partant pour continuer la découverte des écoles de peinture avec Jacques.
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Les articles de la randonnée :
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers
En complément : Echo à la randonnée'les peintres à pied'
Voir aussi : Camille PISSARRO, peintre
Voir aussi: Paul CEZANNE, peintre
Voir aussi : Vincent VAN GOGH, peintre
Voir aussi: Charles François DAUBIGNY, peintre
Voir aussi: Alexandre CABANEL, peintre
Le Carmel de Pontoise - Rando J. Leconte - 24 mai 06
Ce Carmel s’ouvrit à Pontoise en 1605, à l’instigation de Mme Acarie. Le destin de cette femme fut assez particulier : après avoir été mariée 32 ans et avoir élevé 6 enfants, elle décida de rentrer à son tour au Carmel sous le nom de Sœur Marie de l’Incarnation et elle fut béatifiée en 1791.
Le bâtiment devint successivement corps de garde, prison pour marins anglais ou chouans, puis usine de carabines, curieux destin !
Il a gardé son portail primitif d’origine construit en 1632. C’est le plus ancien Carmel de France en activité dans ses locaux d’origine.
Photos du Carmel
Il y a actuellement 14 carmélites, la plus jeune a 50 ans. Elles ont une vocation de prières et ne doivent pas parler, sauf pour les choses essentielles de l’existence. Elles communiquent entre elles par papiers. Pendant le carême et les 4 semaines qui précèdent Noël, elles n’ont pas le droit d’écrire. Elles sortent pour voter. Elles font des hosties pour les messes et travaillent dans leurs chambres à prier et chanter des « intentions de prières ». Actuellement on leur a donné une intention de prière pour une jeune fille qui va être opérée suite à un accident.
Qu’en dire ? Etrangeté d’un tel choix de vie pour ceux qui, comme nous, s’ingénient à « bien remplir » leur vie, à la rendre la plus active et la plus agréable possible. Mais aussi, respect de ce choix ; intérêt même à écouter le témoignage de celle qui fut l’une d’entre elles.
La vie est faite de rencontres.
Sur Internet : le site du Carmel
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Les articles de la randonnée :
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers
Pissarro et les peintres - Rando J. Leconte 24 mai 06
Camille Pissarro est né en 1830 dans l’île de Saint Thomas dans les Antilles danoises. Il séjourne pendant 10 ans dans le quartier de l’Hermitage à Pontoise, puis à Osny et à Eragny-sur-Epte, près de Gisors où il meurt en 1903. Il a été enterré au cimetière du Père Lachaise dans le quartier juif.
Ses origines sont modestes et sa femme a plutôt du mal avec ses cinq ou six enfants pour faire ‘bouillir la marmite’. Il porte une grande barbe blanche, qui lui donne des allures de prophète. Il est très sensible à ses concitoyens et très sociable. Ses idées politiques sont en harmonie avec sa personnalité : sa tendance anarchisante est très mal vue à cette époque. Est-ce la raison du fait que sa peinture a été et reste encore assez méconnue ?
Il peint surtout des scènes paysannes, de la campagne, traduisant le labeur des paysans. Il y a souvent des personnages dans ses tableaux ; cela reflète son tempérament socialiste (l’œuvre des hommes) utopique et généreux.
Pissarro est un peintre très difficile à classer car il a essayé tous les styles : au début s’inspirant de Corot et de Daubigny, puis de l’impressionnisme, du post-impressionnisme, du pointillisme et du divisionnisme (analyse scientifique de l’art, Pissarro trouvait que cela prenait trop de temps).
Pissarro : Influence de Corot
... et du Divisionnisme
C’est tout de même à l’impressionnisme que son nom est attaché. Les peintres de cette école peignent « sur le motif » (c.a.d. sur place), ce qui a été rendu possible avec l’invention de la peinture en tubes, et terminent leurs tableaux en atelier. Ils se réunissaient souvent au café ‘la nouvelle Athènes’, place Pigalle. Ils étaient marginalisés, rejetés des salons et des commandes de l’Etat. Les peintres à la mode de l’époque ( Alexandre Cabanel, William Bouguereau,…) était dits ‘ peintres pompiers’, car dans chacun de leur tableau figurait des personnages casqués à l’antique. Ils étaient influencés par Ingres, mais n’avaient pas son talent. Ils sont aujourd’hui au Musée d’Orsay, mais quelque peu oubliés.
En 1863, les futurs impressionnistes tiennent le salon des refusés. On y trouve déjà Pissarro, Cézanne, Monet, Manet, ….
En 1874, les impressionnistes se regroupent et créent une coopérative de peintres et de graveurs, un peu à l’image d’une coopérative ouvrière, est-ce l’influence de Pissarro ? C’est l’année du premier salon des impressionnistes. Il y en aura neuf en tout. Pissarro participera à tous les salons et introduira Paul Gauguin (1848-1903).
Pissarro a beaucoup influencé les peintres impressionnistes, notamment Cézanne qui a éclairci ses couleurs, abandonnant sa période « couillarde ». Ces deux peintres s’estimaient et s’influençaient réciproquement, au point que certaines de leurs œuvres représentent les mêmes scènes. C’est sur l’insistance de Pissarro que Cézanne a participé (deux fois seulement, en 1874 et 1877) aux salons impressionnistes. Cette amitié est assez étonnante quand on compare les personnalités des deux hommes, leurs origines, leur parcours.
Paul Cézanne (1839-1906), est un bourgeois catholique, dont le père a fait fortune dans les chapeaux puis a créé une banque. Il le destinait aux affaires, mais Paul Cézanne peignait en cachette de son père. De même il a eu un enfant en cachette de ses parents et lorsque son père l’a appris il lui a diminué par deux sa pension (curieuse logique). Cependant à la mort de son père, Cézanne a vécu très largement. Il s’est retiré en Provence mais il a conservé ses échanges avec Pissarro.
Il avait un tempérament bougon, solitaire refermé sur lui-même, à l’opposé de l’ouverture de Pissarro. Dans ses peintures, en général il n’y a pas de personnages, il s’intéresse au paysage mais pas à la vie de ses concitoyens : nouvelle différence. Enfin, si Pissarro est plutôt associé au mouvement impressionniste (malgré la diversité des styles empruntés), Paul Cézanne est plutôt perçu comme un précurseur du cubisme par le traitement des volumes. Cézanne est le père de la peinture moderne.
Charles François Daubigny (1817-1878) installe assez tôt son atelier de peintures à Auvers sur Oise car c’est la campagne à 30 km de Paris, très chère aux nouveaux peintres. Pour se faire une idée de la campagne à cette époque : voir le film de Piala sur Vincent Van Gogh ou les films de Jean Renoir, notamment ‘Un déjeuner à la campagne’.
Photo :L’atelier de Daubigny
Le docteur Gachet s’intéressait à la peinture. Il était lui-même peintre ‘du dimanche’ sous le nom de Paul Van Ryssel (en flamand ‘de Lille’) (En savoir plus : Le bon dr Gachet). Il avait à Auvers-sur-Oise une résidence secondaire dans laquelle il avait installé un atelier de gravure. Les peintres s’y retrouvaient : Daubigny, Corot, Pissarro, Cézanne, Van Gogh, … Il est aujourd’hui connu en tant que médecin des derniers jours de Van Gogh (voir dans « En savoir plus » : Les 70 jours de Van Gogh à Auvers)
Nous retiendrons que Pissarro a été un homme libre, curieux et ouvert sur les autres …. Un peu à l’image de notre animateur Jacques Leconte.
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Les articles de la randonnée :
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers
Le chemin des peintres
Le "chemin des peintres" met en scène des reproductions de tableaux placés aux endroits précis où ils ont été peints. Suivre ce chemin c'est faire une promenade culturelle au grand air. Un dépliant nous précise le parcours:
Voici quelques reproductions de tableaux, souvent accompagnées de la vue actuelle, que nous retiendrons.
Pissarro a vécu 10 ans à Pontoise.
Dès notre arrivée dans cette ville, sur le bord de l'Oise, nous nous arrêtons devant la reproduction d'un premier tableau de Pissarro "Bords de l'Oise à Pontoise", un peu plus loin c'est "Le pont de chemin de fer à Pontoise", mis en regard du pont actuel de chemin de fer et, en longeant la forteresse de Pontoise, voici la reproduction du "Quai du Porthuis".
Nous avons vu quatre reproductions de tableaux de Pissarro à Pontoise.
Nous arrivons à Auvers-sur-Oise par le sentier du Chou : deux reproductions représentant les rues et chemins d'Auvers, la première par Daubigny " Un chemin à Auvers-sur-Oise", la seconde par Pissarro " Rue à Auvers-sur-Oise" avec en regard la vue sur la rue actuelle, et oui, il y a maintenant des voitures partout !
Un peu plus loin nous passons devant des reproductions de tableaux de Van Gogh
Deux reproductions de tableaux "Maisons à Auvers" de Vincent Van Gogh, des maisons différentes
"Les chaumes du gré à Chaponval" de Vincent Van Gogh, on reconnait bien les maisons, simplement il n'y a plus de chaume.
Reproduction du tableau "La maison du pendu" de Paul Cézanne. S'agit-il de la maison dans laquelle une personne s'est pendue ? on aurait pu le croire ! Jacques nous rassure, le nom de 'pendu' est la déformation du nom d'un breton qui habitait cette maison : ' le père Du' en breton 'Pen Du'...
De Corot "Rue de village à Auvers-sur-Oise" et de Cézanne " Route de village à Auvers-sur-Oise" et la route actuelle :
De Van Gogh " L'escalier d'Auvers-sur-Oise" et l'escalier actuel :
Douze reproductions de tableaux c'est bien peu par rapport à tout ce qui est proposé sur ce chemin des peintres : c'est juste pour donner l'envie d'y aller ou d'y retourner.
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Les articles de la randonnée :
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers (Lucile Carbenay) - Rando J. Leconte - 24 mai 06
Ne supportant plus sa vie oppressante, à l’asile Saint-Pierre-de-Mausole, désireux de retrouver les bleus du nord comme il l’écrit lui-même, Van Gogh presse son frère, Théo, de lui trouver une pension à la campagne près de Paris.
Pissarro conseille à Théo de prendre contact avec le docteur Gachet(voir dans 'En savoir plus' : Le bon dr Gachet).
Ce dernier accepte d’accueillir Vincent à Auvers-sur-Oise et de veiller sur lui. Van Gogh arrive à Auvers, par le train, le 20 mai 1890 et s’installe dans un modeste établissement, l'auberge Saint-Aubin (aujourd’hui Auberge du Cadran), puis, sur les conseils du Dr Gachet, au café Ravoux où la pension est moins chère.
Auberge du Cadran Café Ravoux (vue d'ensemble et détail : photo de Van Gogh)

Le docteur Gachet convie Théo et sa femme à passer le dimanche 8 juin à Auvers, Vincent les attend à la gare ; on déjeune dans le jardin où Vincent présente à son petit homonyme ( son neveu) les poules et les lapins. Le docteur possédait une presse à graver et Van Gogh espérait faire quelques eaux fortes et faire publier des gravures reproduisant ses tableaux et ceux de Gauguin. Gachet réaliserait les gravures et Théo les publierait. Seule une gravure d’un portrait de Gachet vit le jour . L’euphorie du début ne dure pas. Cependant, il n’a jamais travaillé avec autant d’acharnement. En 70 jours il a fait 74 tableaux et 100 dessins.
Vincent, qui se sent seul, demande à son frère de venir passer ses vacances avec lui à Auvers-sur-Oise. Théo refuse, sa femme souhaitant voir sa propre famille ; il part avec les siens à Leyde en Hollande. Vincent pense qu’il est une charge pour sa famille : le petit Vincent tombe malade et Théo qui a des soucis financiers, demande à son frère de devoir être strict avec l’argent.
Profitant des belles journées d'été, il brosse des paysages de la campagne, des champs de blé mûr, des meules, et l'Eglise d'Auvers-sur-Oise, vue du chevet. Ces compositions sont marquées par un retour à la tradition, cependant la touche se fait plus appuyée, tandis que perce un sentiment d'angoisse. La menace se précise avec les Champs de blé aux corbeaux.
C'est dans ce paysage désolé près du château d’Auvers que l'artiste choisit de se donner la mort, le 27 juillet 1890. Ce soir là les Ravoux s’inquiètent : Vincent, d’ordinaire ponctuel, n’est pas à table à l’heure du dîner. On l’a vu rentrer. Dans sa mansarde, étendu sur son lit, il baigne dans son sang.
Le Dr Mazery et le docteur Gachet qui le rejoint, appelés à la hâte, renoncent à extraire la balle du revolver.
Un pensionnaire des Ravoux, Hirschig, peintre et hollandais, porte par le premier train une lettre de Gachet à Théo.
Le 28, à midi Théo est là plein d’espoir, Vincent lui parle et veut fumer ; on le laisse fumer sa pipe mais le 29 juillet au petit matin, Vincent meurt. Le curé d’Auvers refuse l’office des morts à un suicidé, de surcroît non catholique, et on doit chercher un curé plus libéral celui de Méry sur Oise.
Théo Van Gogh devait mourir à son tour le 21 janvier 1891, un peu moins de six mois après son frère aîné. Sa femme Jo, se remariât mais souhaitât que les deux frères se retrouvent. En 1914, les restes de Théo furent ramenées à Auvers et les deux frères reposent côte à côte dans le cimetière d'Auvers-sur-Oise,le lierre qui est sur leurs tombes vient du jardin du docteur Gachet.
Le docteur Gachet avait des peintures des impressionnistes. Au moment de la guerre, le fils du docteur Gachet les a cachées dans les troglodytes pour les soustraire aux allemands … et à l’appétit de Goering. Grâce à cet acte, une partie de la collection du Docteur Gachet se trouve au Musée d’Orsay.
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Les articles de la randonnée :
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers
Le bon dr. Gachet (Lucile Carbenay) - Rando J. Leconte - 24 mai 06
Né à Lille en 1828, Paul Ferdinand Gachet a passé sa jeunesse dans les Flandres françaises et belges. Son père était filateur, mais lui, artiste et amateur, partagé entre des goûts pour l'art et la médecine, finit par opter pour la médecine et vint à Paris commencer ses études en 1848. En 1858, la Faculté de Montpellier lui décerne le diplôme de docteur après une thèse : "Etude sur la mélancolie".
Le docteur Gachet, se spécialisa dans les maladies nerveuses., il fut un homme de progrès qui se dévoua pour soigner les blessés du siège de Paris en 1870 et inventa à cette occasion un antiseptique recommandé pour les blessures par armes à feu et blanches. Déjà en 1851, il s’était porté volontaire pour lutter contre le choléra dans l’Est. Plus tard, il n’hésita pas à donner de nombreuses consultations gratuites dans les dispensaires de Paris et soignait les prostituées atteintes de syphilis.
Adepte des mouvements hygiénistes, le médecin décide d’acquérir une résidence à la campagne, à Auvers sur- Oise. La ligne de chemin de fer, inaugurée le 14 juin 1846, relie en moins d’une heure le bourg campagnard à la capitale. Chaque dimanche, les Parisiens affluent dans les guinguettes, pêchent à la ligne, canotent sur l’Oise.
Gachet : l’ami de Pissarro, Cézanne, Guillaumin…
À partir de 1872, date à laquelle il achète la maison d’Auvers-sur-Oise, le docteur Gachet dessine et grave en compagnie de Pissarro, Cézanne, Guillaumin… Un atelier est alors aménagé dans le grenier. Sur les conseils de Cézanne, le châssis du toit est déplacé au nord pour avoir une meilleure lumière. Pissarro, Guillaumin (1841-1927) et le docteur Gachet tirent de nombreuses eaux-fortes.
Cézanne - maison du dr. Gachet - photo
Serviteur de l’humanité, le bon docteur s’intéressa aux peintres et collectionna les œuvres de ceux qui n’étaient pas du tout en vogue durant leur époque. Ce fut ainsi qu’il se mit à décorer sa maison d’œuvres de Manet, Monet, Sisley, Guillaumin, Pissarro et Cézanne. Certains tableaux furent achetés, d’autres donnés en échange de soins.
En 1909, à 80 ans, le Docteur Gachet s'éteint au milieu de ses oeuvres d'art, entouré des siens, ayant donné l'exemple du goût désintéressé et passionné pour les arts et le bien, s'étant prodigué à ses malades comme à ses amis les peintres. Sa curieuse et sympathique figure appartient aujourd'hui à l'Histoire de l'Art.
Le dr Gachet par Vincent Van Gogh: eau forte ... et toile
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Les articles de la randonnée :
Les 70 jours de Van Gogh à Auvers





















































