Visite de Crécy La Chapelle - JP Konrat le 25 avril 2006
Difficile de résumer une randonnée avec Jean-Paul Konrat tant les informations délivrées étaient nombreuses. Pour y parvenir tout de même, j’ai pris le parti de rédiger deux textes présentant chacun une demi-journée - la matinée consacrée à la cité, l’après-midi à la nature – et quelques développements spécifiques (rubrique « En savoir plus ») sur des sujets qui me semblent le nécessiter, et qui pourront être lus séparément.
La cité tout d’abord, ou plutôt les cités : Crécy La Chapelle est le résultat de la fusion en 1972 des communes de Crécy en Brie et de La Chapelle sur Crécy. Ces deux communes d’origine ont des visages bien différents : Crécy était un bourg très vivant (un chef lieu de canton), avec très peu de terrain, alors que La Chapelle était une grande zone paysanne, mais sans vrai cœur.
Crécy est traversé par le Grand Morin et les trois canaux creusés pour protéger la ville, les brassets. Il est très irrégulier et il est donné comme responsable principal des inondations de 1910. Les eaux du plateau de la Brie descendent vers le Morin, et lors des fortes pluies, les eaux charrient quantité de boue qui viennent s’entasser dans les caves de Crécy.
Pour en savoir plus sur Crécy et son histoire, c’est ici >> http://randorif.canalblog.com/archives/2006/05/12/1786032.html
Deux peintres célèbres sont attachés au nom de Crécy : Corot et Dunoyer de Segonzac. En fait, ce dernier s’était installé à Serbonne, hameau de La Chapelle, devenu depuis hameau de Crécy La Chapelle. Pour dire le charme de cette cité, lisons ce qu’écrivait ce dernier en 1923 : « Je recherchais en Ile de France une région qui ait conservé intacte sa pureté et sa poésie, sans être défigurée par les pavillons en série, par de faux châteaux Renaissance, des similis chalets basques, toutes ces hideurs qui souvent ont envahi la campagne à 50 km de Paris »
Il s’y est installé et y a ouvert son propre musée.
L’omniprésence de l’eau (« la Venise briarde»), incite à parcourir Crécy selon les brassets. Commençons par le beffroi, à l’entrée de la ville : il est dressé sur le brasset extérieur, ou nouveau brasset puisque le plus récent ou encore brasset de la porte de Meaux ou de la porte de la Chapelle. C’est celui par lequel nous quitterons Crécy pour aller vers la Collégiale.
Puis dirigeons nous directement le long du deuxième brasset : le brasset des tanneurs. Les quelques photos qui suivent illustrent la justesse du choix de Dunoyer de Segonzac.
photos brasset des tanneurs dont la plaque peu secourable
L’observation botanique n’est jamais loin avec JP Konrat. Par exemple, la corydalis, cette petite plante aux fleurs blanches, s’accroche aux murs en surplomb du brasset (c'est une plante introduite depuis peut-être un siècle, aujourd'hui très rare dans la nature ; n'existe comme plante sauvage qu'au Trianon de Versailles et sur les murs de Crécy).
photos corydalis

Il est à noter que le revêtement des murs est spécifique à cette région : le « gypse de Paris » était chauffé à 110 – 130 °, réduit en poudre, en plâtre, et mélangé à l’eau pour recouvrir les murs. On peut y observer des petits morceaux de charbon de bois, traces de cette cuisson.
photos de crepis berge et ruelle
Le 3e brasset, dit du Moulin, enserre la part la plus ancienne de la ville (à l’origine une île naturelle du Grand Morin) dont l’église Saint Georges, transformée pendant la Révolution en « Temple de la Raison » avant de retrouver sa finalité première. Mais - est-ce un signe de conciliation ? – les deux inscriptions sont superposées et restent lisibles.
Temple de la Raison Trompe l'oeil
Brasset du Moulin Abreuvoir et lavoir pour chevaux
De l’autre côté de la vieille ville, nous trouvons le Morin le long duquel on peut à loisir herboriser ou photographier les berges.
Le Morin à Crécy
Saules pleureurs sur les berges du Morin : chatons mâles et femelles
Par le chemin de ronde, nous nous dirigeons vers la mairie à côté de laquelle se trouve le « café de la réconciliation ». Il y accueillait, à leur sortie de prison (elle n’existe plus) les ivrognes qui avaient battu leur femme et qui les retrouvaient là bourrés … de bonnes intentions.
Tours près du chemin de ronde Café de la réconciliation
Enfin, nous retrouvons le brasset extérieur le long duquel on trouve sur l’une des rives, de charmantes maisons avec pont-levis ou passerelles, certaines reproduisant le schéma : maison, lavoir et salle de bain au-dessus.
photos du brasset extérieur

L’autre rive accueille une allée bordée de tilleuls et d’érables. L’itinéraire nous conduisant à la Collégiale (ex commune de La Chapelle) nous donne une nouvelle fois l’occasion de tester nos connaissances botaniques et de voir une borne de demie lieue postale.
cognassier du Japon - forsythia cardamine des près borne milliaire
La Collégiale n’est ni une cathédrale ni une basilique : il y avait là un collège de chanoines, non présidé par un évêque. Le clocher à 4 pans est typiquement briard et le bâtiment est de style gothique.
Il est actuellement en travaux de « mise en sécurité provisoire » suite aux dégâts des eaux … et des hommes ; mais cela est une autre histoire (lire article « en savoir plus » : http://randorif.canalblog.com/archives/2006/05/12/1786012.html)
Le jardin de la Collégiale, vaste, est bien agréable pour un pique-nique au soleil avant la randonnée de l’après midi (http://randorif.canalblog.com/archives/2006/05/12/1785914.html)
photos d'archives : www.cpa77.com
Merci à Michèle Beudin pour certaines de ses photos