Le Gour d'Emma
Le Gour d'Emma et la Grave (carte au 25 000e)
Un joli nom : Gour d'Emma.
C'est un puits de silence (hormis le bruit des insectes, celui du vent dans les branches, le frémissement de l'eau).
Selon le Larousse, un gour est une petite dépression, de 50 à 100 m.
Emma ? Emma Fayet, née Bonijol. Certains l'ont connue, ou en ont entendu parler. Elle recueillait parfois des enfants de l'assistance publique.
Où est-ce ? Près de la Grave, sur le Luech.
Mais cette fois, tout semble immobile. L'eau ruisselle à peine en raison d'une très faible dénivelée. La rivière est comme prisonnière de ce cocon de verdure et de pierre.
Pour y accéder, pas de sentier réellement balisé pour cette première visite. On dit qu'il existe un chemin de randonnée. On essaiera.
On part de la fontaine du Travers, proposant de l'eau de source; on contourne une bâtisse en ruine.
Puis on descend, pendant 45 à 50 minutes, suivant de loin en loin des traces jaunes laissées là par des propriétaires consciencieux. On revient souvent sur nos pas; on se résout à passer au milieu de buissons épineux.
On imagine une falaise toute proche, mais il n'en est rien : ici on passe de barre en barre, vestiges d'une agriculture en terrasses aujourd'hui rendues à la forêt.
Une éclaircie dans l'ombre des arbres, un tout petit bout de prairie encore épargnée par les buissons, puis la rivière, le Luech, le gour d'Emma.
Vite en maillot pour goûter l'eau.
Malgré les 30° de l'air, la rivière est bien fraîche. Elle saisit. Un effort et on se laisse engloutir, pour mieux en profiter. Des insectes viennent sur la peau : attention aux taons; oh une libellule pas farouche.
Le grand calme.





