L'argile à meulière (Michèle Beudin)
Un terrain caractéristique de l’argile à meulière
La forêt de Bois d’Arcy se trouve sur le plateau de Beauce, de même que la forêt de Marly qui lui fait face. Pourtant, le sol n’est pas calcaire comme on pourrait s’y attendre ; il est acide et humide, comme en témoigne la végétation où domine le châtaigner et la fougère. Comment cela s’explique-t-il ?
La mer de Fontainebleau communiquait avec la Manche. Lorsque le nord du Bassin parisien s’est relevé sous l’effet du plissement alpin, les écoulements d’eau vers la Manche ont été de plus en plus difficiles et de grandes « flaques » se sont produites (lac d’Etampes, par exemple). Avec le temps, ces lacs ont donné des dépôts de calcaire lacustre qui ont recouvert le sable de Fontainebleau.
Ici, sur le plateau de Beauce, près de Bois d’Arcy, la couche de calcaire lacustre était très mince. Sous l’effet des lessivages par l’eau de pluie pendant des millions d’années, le carbonate de calcium a été dissous et il n’est resté que de l’argile. On l’appelle « argile à meulière » car, par un phénomène de cristallisation encore mal connu, de la silice contenue dans les eaux souterraines est venue par endroits remplacer le carbonate de calcium, donnant de la meulière.
On trouve donc de temps en temps, sous l’argile imperméable de surface, des poches contenant des morceaux de meulière. Lorsqu’elle est compacte, cette roche siliceuse servait autrefois à la confection de meules, d’où son nom… Mais on la connait surtout sous sa forme alvéolaire, appréciée pour la construction car elle est en même temps résistante, légère et isolante. Elle était à la mode pour les pavillons de banlieue style art nouveau construits entre les deux guerres.
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