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RandoRIF
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29 mai 2006

De Villiers-Neauphle à Beynes (dans les Yvelines) avec JP Konrat

Jean-Paul Konrat nous a proposé " Découverte nature : Anticlinal de Beynes" le mardi 16 mai 2006. Les randonnées "pour amateurs de la nature motivés" ont de plus en plus de succès et nous étions 45 ce jour-là bien que la météo ait annoncé pluies et orages pour l'après-midi.

Dès notre arrivée Jean-Paul nous brosse, avec beaucoup de pédagogie et en utilisant des analogies avec les objets de la vie pratique (empilement d'assiettes), la géologie du vaste ensemble Bassin Parisien ( voir dans 'En savoir plus' : La géologie en chemin de fer) qui va des Vosges à la Bretagne de façon à introduire , sur le registre ' nous n'avons pas de gaz, mais nous avons des idées... ', l'anticlinal de Beynes et son utilisation pour stocker du gaz à 450 et 700 m sous nos pieds.

En résumé je retiens que nous marcherons sur du tertiaire puis nous irons sur la boutonnière de Beynes ( butte - anticlinal) qui, du fait de l'érosion, fait ressortir le secondaire.

Mais la journée n'est pas centrée seulement sur le thème de la géologie, elle est ausi très riche sur le plan botanique, animalier et culturel. En effet, le printemps est là, c'est la pleine saison des petites fleurs et nous observons des plantes très communes, que nous reconnaissons mais ne savions pas nommer, et des plantes très rares qui sont protégées car elles risquent de disparaître de la planète ( voir dans 'En savoir plus' : Des fleurs de printemps - 16 mai 2006- ).

Très globalement, le matin la thématique était plutôt 'botanique' et l'après-midi 'géologique' avec le stockage du gaz.

Et nous voilà partis. Nous grimpons , de 50 à 60 m, sur la butte stampienne de Villiers Neauphle. Nous sommes sur du sable de Fontainebleau (tertiaire), en dessous il ya de l'argile verte qui retient l'eau et cela produit des sources, des fontaines et des étangs. Ces sources fournissent de l'eau au village.

Sable de Fontainebleau          Source                         Etang

  06_05_16_001_sable_de_fontainebleau1  06_05_16_002_source_light  06_05_16_003_etang_light

Du sommet, nous découvrons au loin la vallée de la Mauldre et le plateau des Alluets. En redescendant de cette butte, nous longeons des champs de colza. Dans le colza, Jean-Paul nous rappelle que tout est utilisé, notamment pour l'alimentation des animaux, l'élaboration d'huiles et demain, peut-être, le pétrole vert.

      Vue vers le plateau des Alluets           Champ de colza

            06_05_16_004___mauldre_et_plateau_alluets             06_05_16_005_colza

Au-dessus du champ de colza, nous observons et entendons des alouettes. Les oiseaux chantent généralement à partir d'un point élevé. L'alouette est un oiseau des champs, et il n'y a pas d'arbre ni de point haut pour se percher. Sa technique consiste à chanter en volant. L'alouette monte très haut, on l'entend à peine et son chant est continu. Ce chant s'arrête quand elle atteint le sol. Elle utilise sa respiration aussi bien à l'inspiration qu'à l'expiration pour produire un chant mélodieux et continu.

06_05_16_digi_alouette_0805_gLorsque la femelle couve ses oeufs, elle doit rester immobile pendant plusieurs semaines sans se faire repérer, ainsi c'est toujours le mâle qui chante et jamais la femelle. Ceci explique pourquoi le plumage des mâles est plus coloré que celui des femelles ( pensons au coq et à la poule). Le chant des mâles sert à séduire les femelles puis à écarter les rivaux et à défendre le territoire. L'alouette fait son nid dans les champs. Au moment de la récolte, heureusement, les petits sont envolés.

Sur un tronc couché, nous observons les empreintes laissées par les larves des scolytes. Les scolytes sont de petits insectes de 2 à 5 mm qui appartiennent à une grande famille d'insectes ravageurs. Les insectes pondent leurs oeufs sous l'écorce des arbres. Lorsque les oeufs éclosent, les larves mangent le bois et se déplacent au fur et à mesure en créant des sillons en étoile.

Un peu plus loin, nous rencontrons un escargot et Jean-Paul précise qu'il ne faut pas le prendre, c'est une espèce protégée pendant sa période de reproduction de début avril à fin juin ( voir dans 'En savoir plus' : L'escargor de Bourgogne ).

    Traces de larves de scolytes       Escargot de Bourgogne

        06_05_16_007_traces_larves_scolytes            06_05_16_008_escargot_de_bourgogne

Sur un autre tronc, une poudre foncée est accrochée en formant un petit paquet. Serge a tôt fait de reconnaître un myxomicète du genre stemonitis. Il semble bien connaître ces étranges organismes qui se déplacent sous forme de plasmodes visqueux, qui peuvent parcourir plusieurs centimètres par jour et se nourrissent par phagocytose. Est-ce un animal ? est-ce un végétal ?

Serge nous explique qu'ils sont intermédiaires puisqu'ils produisent des spores comme un champignon mais ces spores ne donnent pas un mycélium ( végétal) mais des spermatozoïdes comme un animal.

Photos de myxomycètes : Arcyria, Arcyria denudata1, Arcyria denudata6

  06_05_16_arcyria_scochet  06_05_16_arcyria_denudata_1_scochet  06_05_16_arcyria_denudata_6_scochet

Nous sommes dans la forêt : les cytises sont en pleine floraison, nous observons également des polypores soufrés sur un tronc d'arbre. Ce champignon jaune soufré est vraiment d'une remarquable beauté !

                   Cytise                          Polypore soufré

         06_05_16_010_cytises           06_05_16_009_polyporus_sulfuris

C'est enfin l'heure du pique-nique. Ne croyez pas qu'on va se laisser aller et se donner le temps de digérer tout ce qu'on vient de découvrir ! Non, nous sommes assis sur un falun, sable coquillier marin, d'il y a 45 millions d'années, qui a été exhumé lors de la saignée qui a été pratiquée au siècle précédent pour faire passer le chemin de fer. Ces fossiles ont été utilisés pour définir le Lutétien ( ère tertiaire) ! Chacun cherche son fossile.

                  Le falun                           Des fossiles

          06_05_16_011_sur_le_falun           06_05_16_012_fossiles

06_05_16_013_larve_de_cercope_cacheeDans les prés, Jean-Paul nous montre une larve de cercope qui a formé un amas d'écume pour se protéger. Elle est brune et mesure 2 à 3 mm. Respectueux de la nature, Jean-Paul la replace très précautionneusement au milieu de son écume et sur une herbe pour la perturber le moins possible.

Nous arrivons au passage de l'aqueduc de l'Avre et c'est l'occasion d'apprendre comment Paris et sa banlieue sont alimentés en eau ( voir dans 'En savoir plus' : Que boivent les franciliens ). L'aqueduc est sous nos pieds et il passe grâce à un siphon la vallée de la rivière la Mauldre.

Là dans un champ, nous voyons de nombreux silex, leur origine est biologique, une histoire sur 30 millions d'années ! ( voir dans 'En savir plus' : Argile à silex ).

          Paysages avec la Mauldre                     Champ avec des silex

  06_05_16_014_riviere_mauldre_light  06_05_16_015__la_mauldre  06_05_16_016_silex

L'après-midi, nous sommes dans le bois de Beynes, marchons en quelque sorte sur du secondaire, au-dessus des deux poches souterraines qui stockent du gaz dans l'anticlinal de Beynes ( voir dans 'En savoir plus' : Du gaz dans l'anticlinal de Beynes ). C'est essentiellement de la forêt avec des zones grillagées qui contiennent les puits d'accès aux poches de gaz. Les accès sont nombreux et proches les uns des autres car les nappes de gaz sont très étendues ( sur environ 18 km2) et de faible épaisseur ( 20 à 30 m).

                     Forêt            Paysage depuis la butte de Beynes

        06_05_16_017_foret           06_05_16_018_butte_de_beynes

La randonnée se termine, nous rejoignons Beynes et prenons un pot sur la terrasse du "café du château" avec vues sur le château féodal de Beynes, dont Jean-Paul nous raconte l'histoire ( voir dans 'En savoir plus' : Beynes et son château ).

Quelle journée ! Finalement le temps a été beau si bien que nous avons eu une journée très dense. Heureusement que Jean-Paul n'en organise qu'une par mois car, pour ma part, il me faudra beaucoup de temps pour assimiler toutes ces découvertes.

Bonne nouvelle : le groupe des rédacteurs de ce blog semble être en voie d'élargissement. Serge, Michèle et Lucile nous ont adressé des photos et des textes sur la randonnée qui ont permis d'enrichir le compte-rendu de cette journée. Si d'autres vocations se manifestent elles seront bien accueillies.

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Commentaires
M
Je suis géologue, et je serai intéressé par les fossiles que vous montrez sur une photographie. Pouvez-vous me dire à quel endroit exact vous les avez trouvés ? <br /> Cordialement,
RandoRIF
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